La plus belle des cicatrices… le nombril.

Mis à jour : 2 juin 2018


Il y a une expression que j’aime particulièrement : Être le nombril du monde.

Souvent à connotation péjorative, elle est pourtant un gage d’équilibre et liée purement au principe de réalité.


Sans délire psychotique, comment donner toute la valeur au « Don de Soi » s’il n’est pas d’abord ce que nous pouvons offrir de plus profond dans sa totalité, toute sa densité et sa centralité ?


Ce « Don de Soi » n’est qu’un déplacement symétrique de soi, une translation de notre vue du monde vers celle d’un Autre dans l’optique d’enrichir et de densifier ce dernier.

Sans cette valeur donnée au centre de notre monde, le « Don de Soi » ne serait qu’un besoin d’appartenir au sérail de l’Autre et y jouer le pique-assiette en espérant y trouver assez de densité pour assembler notre propre moi.


Alors oui, revendiquons d’être le centre du monde… et offrons-le si tel est notre bon plaisir.


Lié par essence à la coupure physique du cocon utérin, il est le fossile de mon existence avant ma reconnaissance sociale. Il est également le point de départ de la première translation vitale : celle des subsistances transombilicales vers les subsistances transorales initiant le déplacement de l’Entre-Soi utérin vers l’émergence du moi. C’est-à-dire la construction et la perception de mon individualité.

En ce sens cette cicatrice est la plus belle des cicatrices. Doit-on en penser que l’on naît à Soi-même uniquement via une cicatrice ?


Autour du nombril, j’ai eu à travailler avec deux patientes particulièrement intéressantes. L’une était en demande de chirurgie esthétique dans le but de couvrir le nombril, l’effacer dans l’optique de le redessiner elle-même en tatouage. L’autre à l’inverse était en demande de tatouage intégrant le nombril dans une forêt vierge colorée dissimulant son « trou originel ». Pour la première l’idée était de nier sa lignée et pour l’autre effacer à elle-même tout le mal qu’elle pensait avoir fait à sa mère… Mais, je laisse au lecteur le soin d’interpréter par lui-même l’état de ces deux déstructurations du moi.


En tant qu’homme et mâle, le nombril a cependant un attrait particulier : la fascination pour la danse orientale, la danse du ventre.


Je ne pense pas que cet attrait soit la conséquence d’un Œdipe laissant sa trace, d’un attrait incompressible vers la mère ou vers un Âge d’Or materné. J’aime à penser qu’il procéderait plutôt d’une aptitude à l’hypnose par procédé rythmique construit autour de la circularité du mouvement et de ses spasmes.


Le nombril de la danseuse prendrait ici toute sa dimension de centre du monde et d’objectif de translation, de maelstrom, vers lequel serait aspirée toute la libido. Cette sensation de plénitude masculine, de bien-être, face à ce nombril dansant serait conséquente au détournement vers ce nombril des tensions naturelles entre le surmoi et le ça.


Alors la Danse du Ventre est-elle une danse érotique ? Dans le sens où elle anime, motive les tensions de la Libido oui, mais si l’érotisme est considéré comme désinhibiteur du ça et de sa préséance sur le surmoi, alors non…

Contrairement au lap-dance où le regard est captivé pour glisser activement le long d’un corps, la danse du ventre concentre, condense, fixe et happe… annihile toute tension du spectateur.

Alors Mesdames, travaillez votre abdo—men … c’est le plus sûr moyen de captiver un homme et de mettre K.-O. un mâle.



Pour aller plus loin :

la danse du ventre dans "The Man With the Golden Gun" et consœurs...

et ma séquence préférée sur le Boléro de Ravel : https://www.youtube.com/watch?v=Jpi7N7w9xhg


Crédit photographique :

http://radiogatine.fr/le-nombril-du-monde-archives02/





info@cabinetaquila.com       Tél : +33 6 95 32 27 97 SIRET : 382 797 918 00028

© 2018-19 par Cabinet AQUILA