Partie 2/5 (Te) Saxa loquuntur. Une analogie entre la psychanalyse freudienne et l’archéologie.

Mis à jour : 30 avr. 2018


Enlévement de Proserpine Urnes cineraires, lacrimatoires monoyes et lampe sépulcrale - Houel Jean - 1782

Qu’est-ce que l’archéologie ?


La réponse est loin d’être aisée. On parle d’archéologie du savoir (Foucault, 1969), d’archéologie de la pensée du judaïsme (Hayoun, 1994), d’archéologie de l’Éducation Physique (Gleyse, 2006), d’archéologie du Nihilisme (Guéry, 2015). Mais il s’agit là, sans juger de la valeur du texte, d’un synonyme synthétique et percutant des notions d’épistémologie, de philosophie des sciences ou d’histoire de la connaissance. Dans ce contexte, le terme archéologie désigne l’analyse des influences menant à l’analyse d’une idée ou d’un fait. Il serait alors possible dans cette utilisation du terme d’étendre son champ à la sphère psychobiologique. Pour exemple, il serait possible de s’interroger sur la perception visuelle de la répartition spectrale de la lumière visible chez un coloriste et chez une personne moins familière de la couleur. La démarche archéologique serait développée autour des problématiques des technologies colorimétriques disponibles, de la couleur comme moyen de codage de l’information ou bien encore des valeurs symboliques associées à ces dernières. Cette étude s’étalerait du champ physiologique au champ technologique, en croisant ceux éducatifs, religieux et sociaux. Elle permettrait de comprendre l’histoire du réflexe de l’utilisation de telle ou telle couleur dans tel ou tel contexte, son rejet, son utilisation préférentielle, son absence ou sa disparition progressive, voire de ses effets sur l’humeur… L’équipe archéologique idéale devrait se composer alors d’un philosophe, d’un religieux, d’un ingénieur optique, d’un neurologue, d’un ethnologue, d’un historien de l’art, d’un généticien…


Mais est-ce pour autant de l’archéologie au sens propre ? A-t-elle au moins un sens propre ?


En français, le terme archéologie est déjà d’usage au XVIe siècle. Il sert alors à définir la science des choses antiques dont s’occupent quelques érudits. Ainsi nous savons qu’il existe des cercles de bibliophiles et de collectionneurs notamment sur Lyon : « Du Verdier cite fa librairie [celle du Prieur François Laurencin] comme une des plus riches de Lyon & Hubert Goltz le nomme dans fa lifte des amateurs d'archéologie & de numifmatique, en 1563 »[1] (Fontaine, 1567 (rééd. 1889), p. XII). Par ailleurs, nous savons également par ce texte que ce Prieur a fait son voyage d’Italie, qu’il a donc été en contact avec les sources mêmes du retour à l’Antique qui caractérisa la Renaissance Française. Nous pouvons également noter qu’à la fin du XVIe siècle l’archéologie est bien distincte de la numismatique et que les deux naviguent dans l’univers des bibliophiles.


  • Le terme actuel de realia, anachronique au XVIe siècle, pourrait définir l’ensemble des artefacts composant ces fameuses listes d’objets collectés. Ce terme désigne des objets, des mots, des locutions n’ayant pas d’équivalent dans la langue qui l’étudie.


  • Pour saisir au mieux ce concept étrange et le transposer dans la langue et la compréhension de celui qui l’étudie il est nécessaire de le re-connaitre. Cette reconnaissance passe par l’analyse systématique au moyen du vocabulaire, de la sémantique, des fonds littéraire légendaires et historiques disponibles. Sous cet angle, nous sommes alors bien loin de l’amateur d’objets ou de mots pour qui cette collecte de realia n’aurait de valeur que par sa rareté ou la complétude, l’exhaustivité, d’une série déjà cataloguée. Nous sommes ici dans le domaine de la science, c’est-à-dire du savoir appliqué, plus précisément encore de la conscience. Conscience dans le sens d’un savoir émergeant de l’utilisation de tous les savoirs contemporain mis en commun. Au XVIe siècle, ces « Chambres des Merveilles » où s’entreposent tous ces objets sans équivalent possible dans le contexte culturel et social contemporain sont le prétexte à monographies et catalogues raisonnés circulant de collecteur à collecteur. Au-delà d’un simple étalage de la richesse d’une collection, ces ouvrages permettaient alors de partager l’actualité de la recherche en matière de classification des objets et d’évoquer les dernières hypothèses relatives à l’histoire et l’utilisation de ces realia.


  • Il faut comprendre la collection du Prieur Laurencin en ce sens. Nous sommes ici bien loin du simple cabinet de curiosités organisant typologiquement le monde présent et passé sur des étagères ou dans des vitrines, visant en premier instance l’inédit[2]. Ces Chambres des Merveilles sont le lieu de la synergie memorabilia / mirabilia orientée vers le travail de mémoire et retour de la conscience des res, observationes et historiae. En ce sens il y a science : savoir et conscience, dans tout le spectre lexical de ces deux derniers termes.


  • Ces Chambres des Merveilles sont bien entendues les filles de leurs temps et sont profondément empreintes de l’état de la connaissance et des mythologies circulant dans le contexte culturel des propriétaires de ces chambres. Ces lieux particuliers sont l’espace des realia… des choses inexplicables à l’ici et maintenant… Il est nécessaire de les baptiser, de leur donner un nom, de leur composer un signifiant, les adopter/adapter à notre univers sémantique, apprivoiser l’étranger… Et ce signifiant sculpte le signifié. Ce signifié installé dans la culture savante d’une société nourrit profondément l’imaginaire commun, qu’il soit communautaire ou individuel.


  • Transposé dans le schéma lacanien, les realia reçoivent un nom, le Signifié. Ce nom fixe la fonction, le Signifiant. La fonction recrée l’objet à portée de la compréhension culturelle actuelle, l’imago, l’Imaginaire.Le meilleur exemple est sans doute l’objet nommé lachrimae initié par l’esprit des antiquaires du début du XIXe siècle (Tutot, 1809, pp. 196-198) et perdurant sous le terme lacrymatoire à l’heure actuelle.


  • Ces vases sont de petites fioles en verre retrouvées régulièrement parmi les cendres et les débris d’os des urnes cinéraires. Elles contiennent parfois quelques gouttes d’eau. Les dispositions de l’esprit romantique français ont fait de ces gouttes d’eau des larmes de pleureuses (les praeficae). La mise au jour de petites cuillères en bois aptes à recueillir ces larmes avant de les déposer méticuleusement dans ces fioles, la découverte d’une inscription lapidaire renforçaient encore un peu plus l’idée.


  • La compilation de ces informations issues directement du contexte de découverte mêlée d’érudition littéraire, la logique du raisonnement basée sur ces prémisses, ont permis de recomposer le rite d’incinération romaine. Ces fioles étranges / étrangères ont été baptisées d’un nom latin en rapport à leur fonction présumée, lachrimae-porteuse de larmes, le Signifié. Elles portaient le contexte du rite de crémation, le Signifiant.


  • On glosa sur la forme et la matière de ces fioles, expliquant la logique de leur taille et leur matière transparente, l’Imago. La découverte hors contexte de ce type de fiole suffisait à prouver l’existence d’urne cinéraire sur site, la description de collections déjà existantes s’affinait de cartels associant ces frêles verreries aux défunts, Imaginaire.


  • Même si cet usage a été dénoncé aussitôt par une partie des antiquaires prouvant que cette coutume des larmes conservées remontait uniquement au XVe siècle, que les preuves matérielles étaient soit falsifiées, soit profondément inexactes (Tutot, 1809, p. 198), l’imaginaire commun s’est emparé du fait, le tenant comme scientifiquement établi.


  • Ainsi, la culture victorienne (Royaume Uni, 1832/37-1901) reprend à son compte le symbole des larmes déposées. De nouveaux objets sont créés : de petites fioles en verre de forme diverses, closes par un bouchon spécial permettant l’évaporation progressive des larmes. Le temps de deuil se termine lorsque la totalité du liquide a disparu.


  • Même si de nos jours il semble indubitable que ces fioles sont à considérer comme des bouteilles contenant les onguents nécessaires aux cérémonies funéraires (Feugère, Gros, Janin, & Richard, 1996), il se trouve encore des auteurs encyclopédiques sacrifiant au mythe romantique des larmes embouteillées. L’article de Wikipédia en est l’illustration typique et des commissaires-priseurs utilisent encore ce terme dans leurs catalogues de vente.


  • Le lachrimae est donc un objet de la culture « gréco-romaine » ayant existé … du XVIIème siècle au début du XXIème siècle. Ce nom créé un univers culturel que même les évidences matérielle et scientifique ont du mal à contrecarrer. Autrement dit, le realia nommé créée l’objet dans l’ici et maintenant, définissant par là même la notion de « bon sens ».


  • Le Code du Patrimoine, (version du 24 février 2004, article L510-1) définit précisément quel est l’objet de l’archéologie : « Constituent des éléments du patrimoine archéologique tous les vestiges et autres traces de l'existence de l'humanité, dont la sauvegarde et l'étude, notamment par des fouilles ou des découvertes, permettent de retracer le développement de l'histoire de l'humanité et de sa relation avec l'environnement naturel. ».


  • Le Code ne définit pas réellement l’archéologie, mais son objet, ses méthodes premières et son objectif. Nous pouvons néanmoins, dans son acceptation légale et actuelle, proposer une définition : L’étude du développement de l’histoire de l’humanité et de sa relation avec l’environnement naturel par la recherche ou la découverte de ses traces matérielles.


  • Cette définition a l’avantage de se rapprocher d’une autre déjà évoquée à l’époque du romantisme des lachrymae, Honoré de Balzac fait cette remarque dans sa lettre à Madame Delannoy (La Recherche de l’Absolu, entre juin et septembre 1834) : « Les événements de la vie humaine, soit publique, soit privée, sont si intimement liés à l'architecture, que la plupart des observateurs peuvent reconstruire les nations ou les individus dans toute la vérité de leurs habitudes, d'après les restes de leurs monuments publics ou par l'examen de leurs reliques domestiques. L'archéologie est à la nature sociale ce que l'anatomie comparée est à la nature organisée. Une mosaïque révèle toute une société, comme un squelette d'ichtyosaure sous-entend toute une création. ».

  • Cette lettre permet de poser le fait que la définition légale actuelle est déjà approchée dès le milieu du XIXe siècle.


  • Cependant, puisque le nom des realia créée l’objet actuel, est-il possible que le terme archéologie définisse également un ensemble de realia qui s’ignorent ? Est-il possible qu’une culture étrangère à la langue et l’époque de Balzac ou aux nôtres aient reconstruit les nations ou les individus dans toute la vérité de leurs habitudes, d'après les restes de leurs monuments publics ou par l'examen de leurs reliques domestiques. ?


  • Il est d’usage de faire remonter les premières traces de collecte d’artefacts plus anciens dès la Préhistoire. Preuves en seraient la mise au jour d’objets du Paléolithique Inférieur dans une couche du Paléolithique Supérieur (Schnapp, 1998). Cependant, les soucis stratigraphiques rencontrés par Leroi-Gourhan lors des fouilles de la Grotte du Renne (Arcy-sur-Cure) (Leroi-Gourhan, 1961) rendent cette hypothèse sujette à caution. Il est toujours délicat de restituer le geste d’une société antique n’ayant pas livré de textes suffisamment interprétables, ni tradition orale conservée. C’est pourquoi nous nous cantonnerons à tenter de retrouver des indices d’archéologie à partir de notre Antiquité Classique dont les langues ne nous sont pas trop étranges.


  • Étymologiquement, le terme archéologie (Français), archaeologia (Anglais), est composé de αρχαιος « relatif aux temps très anciens, voire aux origines » et de λογος « discours, récit, savoir ». L’archétype dans son contexte est donné par la réponse du sophiste Hippias à Socrate : « Lorsque je leur parle, Socrate, de la généalogie des héros et des grands hommes, de l’origine des villes, et de la manière dont elles ont été fondées dans les premiers temps, et en général de toute l’histoire ancienne (ἀρχαιολογίας) c’est alors qu’ils m’écoutent avec le plus grand plaisir ; de façon que, pour les satisfaire, j’ai été obligé d’étudier et d’apprendre avec soin tout cela. » (Platon, 1903,[285d]). Ce texte est écrit vers 415 av. è. c. à Athènes. L’authenticité de ce texte ne fait plus de nos jours aucun doute. Donc nous pouvons avancer que ce terme était dans le vocabulaire de Platon. Le traducteur français rend bien l’idée du terme : l’Histoire Ancienne qu’Hippias a été obligé d’étudier et apprendre avec soin. Nous sommes bien là dans le contexte de l’histoire des hommes et des villes apprises non pas par la découverte et l’étude des objets mais par les textes.


  • Cette idée est confirmée par la parenté du terme dans le vocabulaire latin. Dans l’état de notre connaissance, seul le terme d’origine grecque archeotes peut soutenir cette filiation. Cette fois l’archétype clair peut être livré par le texte du jurisconsulte Aaurelius Arcadius Charisius dans les fragments Du Digeste (50, 4, 18,10). Ce texte légal est tardif, datant du IVe siècle ap. è. c.. Son contexte fait clairement appel à la notion d’archiviste, un homme dédié aux archives, c’est-à-dire aux textes. Hormis ce texte, nous n’avons pas trouvé de mention claire d’archeotes.


  • Le terme semble se perdre jusqu’au XVIe siècle en France. Comme nous l’avons vu précédemment, il reste dans le giron des bibliophiles où il emporte l’idée de « science des choses antiques » et est disctinct de la numismatique, discipline « noble » à part entière.Pour autant, le XVIème siècle est l’âge d’or de l’Antique. A partir de Louis II et surtout des batailles d’Italie sous François 1er, le goût de l’Antique est invité en France. On creuse, on fouille, on exhibe les objets « gréco-romain », on collecte et catalogue les épitaphes des tombeaux antiques. L’Hercule Farnèse est découvert en 1540, le Taureau en 1546 et le Vase Borghèse en 1566 dans les jardins de Salluste.


  • L’étude raisonnée des proportions préconisées par les « Anciens », l’intérêt porté aux harmonies de Pythagore permettront, entre autres, à l’architecte Palladio[3] de devenir l’un des principaux pourfendeurs des « errements » de l’Art Gothique et d’installer Vitruve (Ier siècle avant è. c.) dans l’aura des grandes familles de bâtisseurs italiens de la Renaissance. Tout ce mouvement « Renaissance » est pour ainsi dire la soupe des origines de la science des choses antiques. Collectionneurs, commerçants, peintres, graveurs, poètes, architectes, religieux et politiques redécouvrent les vestiges romains… cette science souffle un vent frais du Portugal à la Moscovie, requestionnant ses canons hérités d’un « Moyen Âge » si flamboyant fut-il.


  • Tous ces érudits tentent de restituer suivant leur sensibilité les nations ou les individus dans toute la vérité de leurs habitudes, d'après les restes de leurs monuments publics ou par l'examen de leurs reliques domestiques.


  • Pourtant cet intérêt pour l’artefact antique et la localisation des sites historiques ne sont pas nouveaux. Au VIe siècle av. è. c. le roi Nabonide fait rechercher les anciens temples pour les reconstruire. En 325, l’Impératrice Hélène « invente », dans le sens découvre, les restes de la Vraie Croix sur le site du Golgotha, elle devient plus tard la Patronne des Archéologues dans la culture grecque orthodoxe. En 1194, les moines de l’Abbaye de Glastonbury effectuent des fouilles pour tenter de retrouver la tombe du Roi Arthur. Ce qui différencie le XVIe siècle des périodes précédentes est la systématisation des prospections sur les sites antiques et la naissance d’un réseau dynamiques de véritables sociétés d’antiquaires dans une optique qui ne vise pas uniquement les preuves matérielles et historiques d’une idéologie ou la légitimation d’une géopolitique contemporaines au fouilleur. Les questions de la mesure et de la proportion du beau, du bon et du bien, sont centrales. Le fouilleur, au sens large, se pose non pas comme un fils mais comme héritier d’un savoir-faire, d’un savoir bâtir, d’un savoir penser ou d’un esthétisme antiques à ressusciter ; de savoirs fondamentaux antérieurs aux normes chrétiennes. Catalogues, monographies et carnets de voyage deviennent les vecteurs d’une nouvelle culture du Beau dépassant largement la confidentialité des cercles d’érudits.


  • Mais il faut attendre 1697, en Suède[4], et la publication des premières coupes stratigraphiques par Olof Rudbeck dans la revue Atlantica, pour voir émerger la première véritable fouille méthodique en tentant de traiter les objets dans leurs horizons stratigraphique, technique et typologique… et par conséquence le développement de la chronologie relative.


  • Même si la technique stratigraphique s’affine depuis quarante ans dans l’Europe du Nord, les premières fouilles entreprises sur les sites d’Herculanum et Pompéi (1738 et 1748) sont effectuées en galeries de mine. Ces nouvelles chasses à l’objet de vitrine dans une ville gisement, perçue comme figée et non stratifiée, détruisent irrémédiablement les informations contextuelles des objets. De plus, non seulement les pièces jugées disgracieuses sont systématiquement détruites, mais encore les bâtiments fouillés sont remblayés, la moisson d’objets terminée.


  • Ces procédés sont pourtant combattus, notamment par Winckelmann et Goethe. Près de vingt années (1763) sont encore nécessaires pour enfin progressivement employer la technique de la fouille à ciel ouvert et s’entrouvrir aux problématiques initiées par l’École Danoise.


  • Sur le terrain, la rupture entre la récolte boulimique de l’objet de vitrine et l’objet témoin de son temps semble véritablement s’amorcer lors de la seconde campagne de fouilles de « Troie » conduite par Schliemann (1893-1894). Son assistant, Wilhelm Dörpfeld, systématise la fouille et la descriptive archéologique au moyen de la stratigraphie. Le succès de cette campagne valorise la méthodologie. Le divorce de l’Antiquaire et de l’Archéologue est prononcé. Au point où Schliemann soit considéré, a posteriori, comme le père de l’archéologie telle que nous la connaissons jusqu’aux années 1950, effaçant de fait Rudbeck et l’École Danoise.

Notes :


[1] http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5426761g/f1.image.r=arch%C3%A9ologie%20.langFR


[2] L’exemple typique étant le cabinet de curiosités d’Ole Worm (1588-1654) dont l'inventaire illustré paraît en 1655, le Museum Wormianum.


[3] Les Quatre Livres de l’Architecture sont publiés à Venise en 1570


[4] 1662, création de la première chaire d’archéologie, à Uppsala, puis en 1666 création du Collège des Antiquités, institution identitaire dont l’objectif est de souligner l’ancienneté des peuples du Nord face à la culture gréco-romaine.


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